Port la Nouvelle et l’avenir de la mer.

mis à jour 6 mai 2018

Bonjour à tous

Tout d’abord, pour ceux qui n’ont pas lu l’article sur les dépôts pétroliers :http://www.lindependant.fr/2018/01/19/extension-portuaire-la-nouvelle-bientot-en-panne-d-essence,3088912.php#xtor=EPR-2-

Ensuite, j’ai appris que les inquiétudes des pêcheurs étaient aussi celles de plaisanciers qui commencent à comprendre que ce projet va leur changer beaucoup de choses. Concernant les pétroliers, le chantage aux subventions est évident mais cela montre surtout la gestion calamiteuse du projet. La position des pétroliers (EPPLN) est connue depuis 2013, ils avaient écrit dans leur cahier d’acteur : « dans un contexte économique difficile, le projet doit permettre durant la phase de travaux et dans sa configuration définitive, de garantir a minima le même niveau de prestation sans majoration des coûts » et plus loin, ils détaillent leurs attentes dont :  « ne pas déstabiliser l’équilibre économique actuel en imposant de nouveaux investissements liés aux ,nouveaux aménagements »C’est on ne peu plus clair !

Et pour leur donner des éléments de chantage quand les appels d’offre sont lancés (https://www.marchesonline.com/appels-offres/avis/travaux-d-extension-du-port-de-port-la-nouvelle/ao-7516323-1), il n’y avait pas mieux que de leur dire, on est pressés !  La position initiale étant connue, le projet aurait du être revu en excluant le démantèlement du sea line tout au moins en première phase.

Toujours sur la gestion du dossier, d’après l’Indep, Codorniou aurait dit qu’il n’y avait pas d’étude d’impact. En fait, ce serait un pêcheur qui l’aurait dit en sortant de réunion et qui donc aurait compris ses propos de travers. N’ayant pas assisté à cette réunion avec les pêcheurs, je ne peux pas être affirmatif mais on peut supposer que les dires de la région étaient assez confus pour qu’il y ait des interprétations… tout montre que ce que la région et tous les caciques nous ont présenté depuis des mois comme l’espoir économique du pays est en train de se dégonfler devant des réalités bien triviales. La région a voté pour un projet de 350 M€, le dossier parle de 389 non compris la démolition de la jetée N (phare vert) et un certain nombre de compensations environnementales qualifiées de « non chiffrables ». Si on doit y rajouter des cadeaux aux pétroliers, c’est le tonneau des Danaïdes, certifié ISO quelque chose !

Enfin, il y a une précision qui n’est peut-être pas connue de tous. Les éoliennes du projet EOLMED, une fois le quai aménagé dans le bassin de dissipation de houle peuvent être construites sur place sans autres travaux.  Ce sont les éoliennes du projet de Leucate – Barcarés qui pour être montées sur place ont besoin de 11 m de tirant d’eau et d’une passe plus large.  Elles peuvent être montées à Sète ou à Fos, là où les éléments seront construits… Par ailleurs, où en est ce projet, certainement moins avancé que l’autre ?

En bref, l’enquête publique risque de nous réserver quelques surprises !

 Albert CORMARY

  • Quant aux éoliennes en mer, ont-elles besoin de toutes ces infrastructures. Au vu du dossier qui va être à l’enquête publique, la réponse est non ! Une adaptation de l’actuel est nécessaire, elle implique des travaux lourds mais pas les 2,6 km de digues prévues. Donc il y a des alternatives au projet.

    Le dossier est-il sincère ? Il implique la création d’un nouveau sea line pour les 3 ans de travaux qui ensuite sera démantelé pour faire entrer les pétroliers dans le port. Qui prendra en charge cette opération ? Les pétroliers ? Ils ont déjà répondu que non. La région et ses co-financeurs ? Ils ne l’ont pas budgété ! il est proclamé partout que le cout va être de 350 M€. Quand on additionne ce qui est dans le dossier, il faut en rajouter pas mal. Qui va payer ?

    Les impacts environnementaux ? Ils seraient négligeables. Pourtant les échanges mer-étang vont être ralentis ce qui reportera loin dans le temps l’amélioration de la qualité des eaux lagunaires alors que le processus d’atteinte de la bonne qualité écologique est constaté. Il n’y aurait pas d’effet sur le trait de côte. Difficile à croire. Le creusement des bassins va nécessiter le dragage de millions de m3 de sédiments. La loi sur la croissance bleue a interdit leur déversement en mer (le clapage) à partir de 2025, c’est-à-dire demain. Tous les ports sont en train d’anticiper en recherchant des solutions sauf le notre !

    La construction des km de digue et le système constructif choisi entraine le transport de millions de t de matériaux de carrière la majeure partie par camion soit 488 mouvements quotidiens pendant 30 mois. Sans impact dit-on !

    Comme je l’ai déjà dit, le dossier n’est pas encore à l’enquête publique donc non consultable. Si vous voulez vous en saisir au moment voulu, je peux vous donner un coup de main…

    Albert CORMARY

    PS : Pour ceux qui découvriraient le dossier, vous pouvez consulter celui du débat public. Il est archivé sous http://cpdp.debatpublic.fr/cpdp-pln2015/  En cliquant sur l’onglet s’informer, vous trouverez les éléments du maître d’ouvrage et sur le sous onglet « les éléments des acteurs », les cahiers d’acteurs. Vous y verrez notamment celui de Lafarge qui en fait une critique cinglante. Les cahiers d’acteurs Conf’, villes en transition, ECCLA, EELV… en font une critique rationnelle

Alors, ici et maintenant : le port, la pêche et l’halieutique et les énergies renouvelables

Concernant le port, nous avions participé au débat sur son extension et nous nous y étions fortement opposés autour de trois raisons principales. Un projet très couteux et décalé, inadapté à la fois aux évolutions du trafic maritime : contrairement aux dernières décennies, le transport maritime est amené à stagner, voire à régresser, pour des raisons multiples, à vérifier ; à une vision d’ensemble de l’avenir des ports de la région, c’est à dire se mettre en concurrence avec Sète, qui possède déjà les infrastructures nécessaires, donc avec une rentabilité très improbable. Avec en plus la nécessité de constituer un Hinterland, c’est à dire une zone où stocker les conteneurs à l’intérieur du territoire. Là, j’ignore où c’est prévu, mais je sais qu’à Sète, ils vont le faire et que c’est un non sens à nouveau économique et écologiste. Et pour finir une empreinte écologique cata. Le type même du grand projet inutile à nos yeux. Attention, pas dans l’absolu, mais dans cette configuration là. Mais l’emploi ? J’avais fait à l’époque, et les journaux l’avait repris, ce calcul : vos projections indiquent un investissement de 225 000 euros par emploi créé. Alors que la moyenne à l’époque était de 13 500 euros (ça a augmenté …). Ce qui veut dire qu’avec les 200 millions (depuis ça aussi a augmenté…) du projet, on pourrait créer 30 000 emplois en Languedoc Roussillon. On est loin du compte bon bref. Nous allons voir ce qu’on peut proposer d’autre pour le port.

La pêche et les autres cultures marines maintenant. J’ai assisté aux débats à propos des éoliennes de Quadran et notamment à celui sur la pêche où les inquiétudes des pécheurs concernant l’avenir de la ressource étaient très claires. Il a été évoqué que les bassins des éoliennes puissent contenir des élevages de poissons. Et dit que cela allait concurrencer votre propre marché. Mais plutôt que d’envisager la concurrence, pourquoi pas la coopération ? Une partie de ces produits pourrait venir au contraire repeupler la mer. D’ailleurs, il me semble qu’avaient été présentées des possibilités de « nichoirs » à poisson. A discuter, je ne suis pas spécialiste ici, mais j’ai beaucoup lu pour préparer cette réunion. Et j’ai plutôt des vues sur l’évolution mondiale en matière de péche.

Les énergies renouvelables pour finir. Le projet d’éoliennes en mer, si j’ai bien tout suivi, a fini par faire l’unanimité, et les réticences des pêcheurs se sont largement atténuées. Vous pourrez sans doute nous expliquer pourquoi. Mais là se pose un autre problème. Il est question que Quadran assemble les éoliennes sur place ce qui va créer des emplois. Mais le chenal n’est pas tout à fait assez large pour pouvoir les acheminer, ce qui repose le problème de l’agrandissement du port. Là aussi il va falloir trouver des compromis, et j’espère que la discussion nous éclairera là dessus. Que voulez vous ? Que pensez vous ?

Ensuite, ce que nous proposons : un changement d’orientation majeur

Tout d’abord et de façon générale, EELV propose de re territorialiser tout ce qui concerne les problématiques de la mer et du littoral, parce que les contextes, les situations sur chaque versant marin sont différentes et spécifiques. 70% des frontières de la France sont maritimes. Donc on va discuter de ce que nous proposons comme projet pour PLN. Mais avant je vais vous faire nos fondamentaux, c’est à dire ce qui concerne tt le monde au bord de la mer et des océans.

Le réchauffement climatique entraine :

-1. L’élévation du niveau des mers ? 20 cm au 20ème siècle, 50 à 80 pour celui ci. D’où érosion des côtes et recul des terrains littoraux. Ici comme à Gruissan…

-2 La variation de la température de la mer et de l’air, à savoir dérèglements multiples, tempêtes, cyclones, ou sécheresses ; etc.

– 3.L’ acidification des eaux. Avec des conséquences sur la pêche et plus largement sur la biodiversité marine. Actuellement, ce sont les récifs de coraux qui prennent, mais tout le reste va suivre.

Par ailleurs, la pollution, et la mer poubelle ont là aussi des effets nocifs sur la faune et la flore marine, et donc des conséquences sur la pêche. Donc sur ce thème on propose trois pistes, qui sont susceptibles de concerner PLN et les environs. Avec en tête stopper le réchauffement climatique et les pollutions marines. Les pistes :

Tout d’abord, éviter de mettre les boues de dragage dans la mer et les traiter et recycler à terre. C’est une source d’activités, d’emplois et de ressources. Ensuite, du côté des navires, il faut envisager, ici ou ailleurs, mais pourquoi pas ici une filière de déconstruction et recyclage des navires, il en manque en France et il existe ici suffisamment de zones industrielles en friches pour pouvoir organiser cette filière, là encore emplois et acquisition de compétences. Toujours à propos des bateaux, se met depuis quelques années en place un dispositif autour des bateaux du futur, c’est à dire des bateaux qui économiserons les énergies fossiles et fonctionneront au renouvelable etc…

Pour lire les avis déposés numériquement à l’enquête publique, reportez-vous sur https://www.democratie-active.fr/enquete-extension-port-de-pln/

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