éco-pâturage

Florence Robert pratique l’élevage ovin dans les Corbières, en zone sèche avec une transhumance estivale à la montagne à la recherche de pâturages plus « gras ». Ce n’est cependant pas sa seule pratique et nous avons pensé qu’il était intéressant de citer un extrait de sa dernière infolettre. Cela nous donne un éclairage particulier quant à l’implantation des fermes photovoltaïques au sol. Donnons-lui la parole

L’éco-pâturage

Depuis deux ans, le troupeau pâture au printemps dans des parcs photovoltaïques. La convergence d’intérêt est nette : les gestionnaires des parcs profitent d’un débroussaillage naturel et améliorent leur image au passage. Nous, nous profitons de parcs fermés et surveillés au moment où les brebis ont leurs agneaux. Dans les parcs elles peuvent manger à volonté et quand elles le veulent, ce qui n’est pas le cas en gardiennage. De plus, les panneaux fournissent ombre et protection contre la pluie.

Cette synergie me paraît vertueuse. Les parcs sont habités par de nombreux animaux comme nous pouvons le constater régulièrement : perdrix, buses, lapins, renards… Avec la présence des brebis, les insectes sont favorisés, et de fait, une partie des oiseaux insectivores. Malgré le caractère industriel de ces équipements, il est évident qu’ils servent de « réserve » à une partie de la biodiversité.

Cette constatation ne plaira pas à tous, en fera même hurler certains, cependant je maintiens que l’implantation de parcs photovoltaïques dans certaines zones bien choisies (sûrement pas les zones à enjeux naturels forts type garrigue ouverte dans notre région ou les zones à forte identité paysagère) et à condition qu’elle soit alliée à la production ovine ou caprine (ou autres animaux pâturant, dont les canards et les oies font partie), pourrait être envisagée de façon plus systématique.

Aujourd’hui, en cas de terres non utilisées, la priorité va à l’agriculture. Pourtant, je préfère un parc solaire entretenu par des brebis à qui on impose des restrictions sur les vermifuges par exemple, qu’une remise en culture de type conventionnelle avec son charroi de pesticides et de pollution de l’eau et des sols… Pourquoi ne pas allier l’agriculture à l’énergie verte ? Et rendre doublement productives des terres à faible rendement ?

Il me semble également préférable du point de vue écologique de voir un parc photovoltaïque remplacer une décharges d’immondices, une friche industrielle vacante voire une jeune plantation de résineux (Pin maritime ou Sapin de Douglas).

Derrière ces aspects parfois techniques, il y a deux véritables questions, qui restent ouvertes :

Quel usage des terres voulons-nous ?

Quelle énergie voulons-nous ?

Pour en savoir plus : http://bellesgarrigues.org

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