GRUISSAN

Tout le monde n’est pas forcément au courant des enjeux. Je crois devoir préciser que les EPR (espaces proches du rivage) auraient dû englober le site de la future ZAC de la Sagne, à Gruissan (Aude) pour diverses raisons d’ordre géographique et de protection des rivages puisqu’une partie est soumise aux risques littoraux. Bien sur ce ne fut pas le cas et M. Codorniou, maire de Gruissan, vice président de la région et grand défenseur de l’environnement veut absolument étendre son urbanisation.

Tous ceux qui ont un brin de culture occitane auront compris l’étymologie du lieu : SAGNE = roseaux = zone humide. Seul tènement de Gruissan où il soit possible de cultiver des jardins. C’est un projet qui tourne le dos à toute tentative de pérennisation des quelques jardins familiaux existants ou de créer des jardins partagés,

Faire disparaître 15 ha d’AOC dans une commune qui compte une station expérimentale viti vinicole de l’ INRA connue dans le monde entier et va accueillir les collections de cépages actuellement à Marseillan est un comble,

Déplacer les lézards ocellés alors qu’ils sont sur la liste rouge de l’UICN ? Dans quel habitat ?

Alors, à tous nos lecteurs, pensez qu’il n’y a pas qu’à Montpellier que des ZAC et des gares font disparaître des terres agricoles de grande valeur, il n’y a pas que dans le Gard ou les PO que l’esprit de la loi littoral est bafouée au nom des grands projets par ailleurs inutiles,,,,

Albert Cormary

MALVESI

Bonjour,
Après le projet controversé TDN Malvési imposé aux habitants de la Narbonnaise (arrêté préfectoral 8 novembre 2017), l’escalade et la provocation se poursuivent avec de nouvelles autorisations prises en catimini, sans la moindre information préalable de la population.
Ainsi, une nouvelle usine de production de dioxyde d’uranium vient d’être autorisée sans la moindre enquête publique. A partir de quelles matières: uranium appauvri, matières uranifères de la filière nucléaire ? Quels impacts sanitaires et environnementaux avec cette 36ème cheminée qui crachera 10 000 m3 fumées/h, presque autant que TDN et qui accentuera la pollution atmosphérique (oxydes d’azote, ammoniac, …)?
Cette nouvelle production d’uranium annoncerait-elle la mutation de Malvési comme plaque tournante de la filière du combustible nucléaire MOX?.
De nouveaux aménagements de bassin de stockage de boues contaminées, le rejet dans le canal Tauran/Robine d’eaux pluviales provenant de l’Installation Nucléaire de Base ou encore l’incinération des déchets de décontamination des matériels, ont également été autorisés à peine quelques mois après l’arrêté préfectoral du 8 novembre 2017, toujours sans enquête publique, à l’abri du droit de regard des citoyens.
La population a le droit de savoir et de se prononcer sur l’avenir de ce site dont elle subit les impacts néfastes.
Afin de poursuivre et amplifier la mobilisation qui s’est manifestée lors du projet TDN, les associations RUBRESUS et COL.E.R.E à Narbonne lancent une pétition pour s’opposer à cette escalade.
Voici le lien pour signer la nouvelle pétition « NON à l’usine d’oxyde d’uranium à Malvési et HALTE à l’escalade des déchets d’uranium« .
Merci de vous précipiter pour la signer en ligne, la faire signer à un maximum de vos proches et contacts et de la diffuser dans tous vos réseaux. 
Cette pétition sera le curseur de la mobilisation contre l’extension des activités, des déchets, des impacts environnementaux et sanitaires de Malvési. En la signant massivement par milliers, vous contraindrez les autorités, élus et responsables à prendre en compte la voix de la population pour stopper une escalade mortifère. Vous manifesterez aussi votre profond mécontentement face au mépris des autorités et du lobby.
Hasard du calendrier ou peut être pas, cette nouvelle pétition démarre juste un an après l’autorisation préfectorale de TDN.
Pour rappel, les deux associations COLERE et RUBRESUS ont déposé trois recours en annulation devant le tribunal administratif de Montpellier envers l’arrêté préfectoral du 8 novembre 2017 et celui du 22 mai 2018 ainsi que le permis de construire TDN accordé le 7 juillet 2016.
TDN n’est pas encore construit, ni les autres projets. Pour les stopper, votre soutien massif sera déterminant. et nous comptons sur vous tou-s-tes.
Merci de votre fidèle contribution
André BORIES
RUBRESUS

www.rubresus.org

Quand l’État maltraite les agriculteurs bio…

 

À l’heure où les pesticides sont pointés du doigt dans l’affaire des bébés sans bras, rien n’est fait pour faciliter le développement de l’agriculture biologique. 

Au contraire ! 

Depuis deux ans, l’État est en retard dans le paiement des aides aux agriculteurs bio. 

À l’inverse, les agriculteurs conventionnels sont payés rubis sur l’ongle. 

80% des agriculteurs bio n’ont pas reçu leurs aides de l’État

En février 2017 (déjà), le magazine Reporterre (4) listait des cas d’agriculteurs lésés : 

  • Dans le Jura, Mickaël Percier cultive 50 hectares de céréales, qu’il a convertis en bio en 2015. Il devait recevoir 16 000 euros par an, le temps de la transition. Rien n’est venu. Il ne s’est plus versé de salaires depuis deux ans… 
  • Dans l’Oise, Guy Vanlerberghe exploite 200 hectares de pommiers et de céréales, tout en bio depuis 2015. Ce sont plus de 100 000 euros d’aides par an qui manquent à l’appel sur lesquels il paye des impôts ! En effet, ces “gains” sont déclarés… En attendant, la famille se serre les coudes. 
  • Dans le Morbihan, Christophe Baron qui tient une ferme laitière, attend 54 000 euros promis par l’État. 

En tout, ce sont plus de 25 000 agriculteurs bio qui ont été touchés par la défaillance des services publics. 

Cela représente 80% des agriculteurs bio

Des caisses de l’État bourrées comme des canons !

Le pire dans cette histoire, c’est que ce n’est même pas une question d’argent dans les caisses. 

Le président de la Fédération régionale d’agriculture bio de Nouvelle-Aquitaine, Dominique Marion, explique : “L’argent est là, dans les caisses, ce qui nous manque c’est la clé pour ouvrir le coffre-fort.” 

Car la cause officielle des non-versements est un “problème de logiciel”. 

De nouvelles règles européennes sont venues encadrer les subventions de la PAC. 

L’administration française a du mal à s’adapter. Elle devait redistribuer 9 milliards d’euros aux agriculteurs français à partir de 2014 et sur plusieurs années. 

Mais elle a pris du retard par rapport à ses homologues européennes. En Pologne par exemple, les paysans sont tous à jour de leurs subventions. 

À ce problème, s’en est ajouté un autre pour les agriculteurs bio : ils sont les derniers servis

Un complot de la FNSEA ?

Certains y voient des manœuvres du puissant syndicat de l’agriculture, la FNSEA, qui défend l’agriculture intensive. 

Pour gagner du temps et éviter une transition, qu’elle sait inévitable, la FNSEA a inventé des concepts tels que “l’agriculture raisonnée”, ainsi que les exploitations “FARRE”. 

Toutefois, ces “labels” restent totalement soumis aux diktats des pesticides. Ils ne sont qu’une concession minuscule à l’évolution tangible de l’opinion publique. 

Ce sont des mesures cosmétiques

En revanche, il est certain que le non-déploiement des aides aux agriculteurs bio est une manière efficace de maintenir le statu quo. Cela casse le moral des agriculteurs bio. 

Certes, l’administration commence tout juste à honorer ses obligations. Un certain nombre d’agriculteurs bio ont été partiellement remboursés des aides qui devaient leur revenir. 

Mais ces remboursements se font par à-coups. 

Les agriculteurs, par ailleurs, sont priés de se taire. 

Alors que cela fait deux ans qu’ils n’ont pas été payés. Durant ces longs mois, certains ont jeté l’éponge, certains souffrent de dépressions… 

Mauvais traitements infligés aux agriculteurs

On assiste à une forme de harcèlement déguisé des agriculteurs bio. 

Tout est fait pour qu’ils lâchent, pour que le modèle dominant perdure alors qu’il est voué à l’échec. 

Il existe de nombreux exemples de mauvais traitements des agriculteurs bio : 

  • Cette année, en Bretagne, des agriculteurs bio se sont vu reprendre par leur ville 15 hectares de leurs terres cultivées en bio. En échange, la ville leur propose sept hectares non transformés en bio. Objectif de l’échange : construire un éco-quartier. Pourquoi détruire des parcelles bio pour faire un éco-quartier ? C’est un non-sens absolu (2). 
  • En Auvergne en 2014, un jeune agriculteur, installé en 2006, a subi un harcèlement en règle : menaces de mort sur lui et ses enfants, installations détruites, incendie volontaire de sa grange, etc. Il a fini par craquer et s’est installé ailleurs (3). 
  • En Charente, un agriculteur avait été menacé d’amende par l’administration. La raison invoquée ? Ses revenus n’étaient pas assez importants (4). 

Ces exemples donnent une idée de la violence des débats qui existent à l’heure actuelle autour de l’agriculture bio. 

Et dans ce contexte, les administrations n’aident pas toujours à débloquer les situations tendues et délicates. 

Double-jeu des institutions

Cela est d’autant plus étonnant que l’INRA (5) et le ministère de l’Agriculture en tête savent parfaitement que le modèle conventionnel va droit dans le mur (6). 

Mais les institutions sont sous influence des lobbies agro-alimentaires et des grands syndicats agricoles conventionnels. 

À tel point qu’elles ne parviennent même plus à respecter la justice la plus élémentaire en ne mettant pas fin à l’invraisemblable discrimination qui existe entre les agriculteurs. 

Il y a ceux qui reçoivent les aides à temps. Ceux-là sont en agriculture conventionnelle. 

Il y a ceux qui ne les reçoivent pas ou très tardivement : ceux-là sont en bio ou en conversion vers le bio. 

Évolution et objectifs politiques

Vous me direz peut-être que les choses changent. Qu’il y a quelques progrès. Que certains agriculteurs bio commencent à être payés (après deux ans). 

La vérité est surtout qu’il y a beaucoup de promesses politiques et encore trop peu d’actions sur le terrain. 

Lors du Grenelle de l’environnement il y a plus de dix ans (2007), l’objectif en bio pour la restauration collective était de 20%. 

Lors des élections, presque tous les candidats, le président gagnant y compris, avaient promis que ce serait 50%. 

La réalité, elle, est autour de 3% (7). 

Quand les actes ne suivent pas, les promesses augmentent. C’est de la poudre aux yeux. 

Un modèle agricole solide

Il y a tout de même des raisons de se réjouir. 

Aujourd’hui, les installations en bio représentent 50% du total des installations de fermes. Pourquoi ? Une ferme sur deux qui se crée tous les jours en France est une ferme bio 

Parce que le bio est plus rentable même quand l’État ne verse pas ses aides !

En effet, un agriculteur qui suit le modèle conventionnel doit payer à grands frais les engrais, les pesticides et les machines dont il a absolument besoin pour assurer ses rendements. 

C’est une gabegie de moyens utilisés pour un résultat médiocre à moyen terme, et désastreux à long terme. 

Avec la monoculture intensive 

  • les sols s’épuisent, s’appauvrissent, et deviennent imperméables (contribuant ainsi aux inondations) ; 
  • les agriculteurs s’endettent et se rendent malades ; 
  • l’eau, réserve si précieuse, est inutilement gâchée et polluée ; 
  • les produits proposés aux consommateurs sont bourrés de pesticides et carencés en oligo-éléments ; 
  • les écosystèmes sont perturbés et la biodiversité s’effondre. 

À l’inverse, les agriculteurs bio ont besoin de beaucoup moins de moyenspour lancer une ferme qui sera rentable beaucoup plus vite

Pourquoi ? Parce que les rendements en bio sont proches de ceux que l’on obtient en conventionnel. 

Des chercheurs aux États-Unis et au Canada sont arrivés à la conclusion que la différence entre agriculture bio et agriculture conventionnelle en termes de rendement pouvait être de 8 à 9%. C’est très peu ! 

La différence de qualité est pourtant spectaculaire. Les produits bio sont d’une qualité bien meilleure et l’agriculture bio respecte voire enrichit l’environnement (8). 

Or les produits bio sont vendus plus chers, la demande étant forte et ils nécessitent moins d’investissement au départ. 

Le modèle de demain

Cette différence ira en s’accentuant car l’agrochimie repose essentiellement sur le pétrole dont les réserves, malgré tout, sont limitées (9). 

Le prix du pétrole sur le long terme ne peut qu’augmenter (10). Et celui de l’agriculture conventionnelle avec. 

En clair, l’avenir de l’agriculture, ce sont les modèles émergents : la permaculture et l’agroforesterie. 

Fondés sur une meilleure connaissance des sols, des plantes et des écosystèmes, ils sont durables et productifs. 

Bref, le bio est un modèle solide. C’est le modèle de demain. 

Il ne manque qu’une seule chose pour que cela soit bien le cas : la volonté politique. 

Elle ne peut naître que d’une pression populaire accrue. 

Depuis des années, les gouvernements successifs se moquent de nous : ils promettent monts et merveilles quand, sur le terrain, tout est fait pour décourager les initiatives des paysans bio. 

Nous devons mettre une pression maximum sur le pouvoir politique jusqu’à la fin de l’année pour que : 

  • toutes les aides soient enfin versées aux agriculteurs bio ; 
  • le modèle de l’agriculture bio soit véritablement intégré dans la stratégie agricole de la France

Et maintenant, passons à l’action !

Je vous annonce d’ores et déjà que, d’ici la fin de l’année, ce combat sera l’une des lignes éditoriales majeures de notre lettre Alerte Santé

Pour commencer, je lance notre grande pétition en soutien des agriculteurs bio que vous pouvez signer ci-dessous.  

Signez, faites signer. Mobilisez-vous. 

Nous devons agir à tous les niveaux, multiplier les initiatives et les messages au pouvoirs publics. 

N’oubliez pas que d’ici peu il y aura des élections européennes, puis municipales. 

Le monde politique est à cran. 

C’est le moment d’enfoncer le clou ! Signez dès maintenant

Pétition

Augustin de Livois

Références

PAS DE TRANSITION ENERGETIQUE SANS TRANSITION ECOLOGIQUE !

La macronie, depuis qu’elle existe, n’a jamais fait preuve d’une grande conscience écologiste. La démission de Nicolas Hulot et les raisons qu’il a invoquées n’ont été qu’un épisode parmi d’autres. Le gouvernement n’en a tiré aucune leçon et le spectacle qu’il nous donne avec les péripéties sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ainsi que les déclarations des ministres de l’agriculture successifs ne sont pas faites pour nous rassurer.

Pourtant lorsque j’écoute les responsables (députés, ministres…) de ce mouvement, j’entends souvent parler très souvent de l’urgence climatique. Ce n’est certainement pas par hasard. L’idée que le changement climatique est une réalité et que nous y sommes pour quelque chose est largement partagée dans l’opinion.

Ainsi, nous assistons à un matraquage sur l’urgence climatique et la décarbonation de notre énergie (électrique) qui serait l’alpha et l’oméga des solutions envisageables. Le nucléaire est évidemment présenté comme la voie royale.

Nous savons bien que ce ne sont que des éléments de langage et/ou de propagande qui ne résistent pas à un minimum d’analyse. Non seulement, l’électricité, donc nos 75 % de production nucléaire ne représente qu’une toute petite partie de celle que nous consommons, mais encore, sa décarbonation relève plus de l’intox que de la réalité.

Les études tentant de calculer ces émissions sont nombreuses. En comparant les différents résultats en fonction des méthodologies employées, deux chercheurs ont trouvé, de manière indépendante des résultats voisins de 66 g de CO2/kwh, soit largement moins que les énergies fossiles classiques mais bien plus que l’hydraulique ou l’éolien ou ce que raconte EdF sur le sujet. Vous pouvez lire l’excellent article publié par https://www.terraeco.net/Oui-le-nucleaire-emet-bien-du-CO2,16535.html

Et encore, aucune des études citées n’est en état d’évaluer correctement l’impact climatique des traitements (ou gestion) des déchets. Aucune filière n’est à ce jour aboutie ; et comment pourrait-on évaluer les émissions de CO2 de Cigeo qui sera ventilé pendant 500 ans ! Ne sont certainement pas comptés les empreintes carbone des différentes administrations en charge du domaine : ANDRA, IRSN, ASN….Et comment y ajouter les rejets de THOR, l’incinérateur qui devrait brûler les déchets de l’usine de conversion de l’uranium, à Narbonne ?

Plus encore néfaste pour un avenir plus radieux de notre environnement est la césure que les propagandistes font entre le changement climatique et crise écologique, mettant en avant de manière absolue la crise climatique qualifiée d’urgente en s’asseyant sur l’autre versant. Et nous devons dire avec force qu’il n’y aura pas de transition énergétique sans transition écologique. Forcer le pas du nucléaire nous conduit à un avenir irradieux qui ignore les conséquences sur la santé humaine, les enjeux sociétaux, etc. Notre main droite peut-elle ignorer l’état de notre main gauche ?

Je cite le nucléaire qui est le domaine le plus visible et médiatisé mais il n’est pas le seul. Je pense en particulier à la filière bois-énergie. On la considère souvent comme prometteuse car le bois est supposé séquestrer le carbone et nous serions donc devant un cycle vertueux. Quand on analyse la réalité plus finement, on se rend compte que les résidus de bois peuvent rendre des services écosystémiques favorables à la biodiversité ou être des aides à une orientation vers une agriculture plus biologique. Cela sans parler des projets d’énormes coupes dans les forêts pour assurer la conversion de centrales électriques au charbon (Gardanne et autres) au bois.

Il est donc nécessaire de clamer haut et fort : PAS DE TRANSITION ENERGETIQUE SANS TRANSITION ECOLOGIQUE !

Albert CORMARY

Les forêts françaises ne sont pas à vendre

Les quatre « Marches pour la forêt » à l’initiative des personnels forestiers de l’Office national des forêts et soutenues par le monde associatif et environnemental sont arrivées le 24 octobre à Cérilly en forêt de Tronçais dans l’Allier, symbole des forêts de chêne prestigieuses héritées de Colbert.

> Le but de cette marche était d’alerter l’opinion sur la disparition pure et simple du service public des forêts qu’est l’ONF, en voie de privatisation, et avec un plan de 1 500 suppressions de postes en perspective, et contre l’industrialisation de la forêt et ses conséquences néfastes pour ces espaces naturels indispensables et leur gestion.

Europe Écologie – Les Verts soutient le mouvement des forestiers et la demande d’une meilleure gestion des forêts publiques. Yannick Jadot et David Cormand se sont déplacés pour apporter le soutien des écologistes aux agents de l’ONF.

Alors que le climat s’emballe et que la biodiversité s’effondre, nous partageons l’idée qu’une autre gestion de la forêt est possible et nécessaire : une gestion plus écologique, essentielle pour la préservation du rôle central de la forêt dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Il est urgent de faire converger les énergies déployées, localement ou nationalement, pour défendre la forêt et les services considérables qu’elle rend à toutes et tous, indépendamment de la production de bois : elles stockent naturellement le dioxyde de carbone, permettent la rétention et la filtration de l’eau, sont un berceau pour la biodiversité végétale et animale. Les forêts naturelles représentent une valeur pour la collectivité bien supérieure à celle de la production de bois.

Les évolutions ces dernières années dans la gestion de l’ONF, avec une baisse de la dotation de l’État et un recours accru au personnel contractuel allaient dans le mauvais sens. La politique actuelle et le plan national Forêt-Bois continuent dans la même direction.

Pour les écologistes, de nombreuses initiatives sont nécessaires pour orienter la politique forestière vers une gestion qualitative et préservant le long terme.

> L’ONF doit pouvoir exercer ses missions régaliennes, sans dépendre du cours du bois ou du volume des ventes. C’est à l’État de financer la surveillance des forêts publiques, les missions de police, la gestion durable, la péréquation entre forêts pauvres et riches, la recherche, l’accueil et l’éducation.

> Alors que 30% des forêts publiques ne sont pas ou peu exploitables, l’effort de production s’exerce sur des forêts « à flux tendu » : il faut desserrer l’étau productif autour des forêts pour cesser d’affaiblir les écosystèmes.

> La politique de développement du bois-énergie doit être encadrée à la fois dans la prospective (véritable connaissance de la ressource, efficacité, bilan carbone global) et dans l’exécution (chartes régionales, traçabilité, certification, politique de subventionnement).

> Il faut mettre en place des certifications plus exigeantes, permettant d’engager des sylvicultures plus résilientes et bénéficiant à la biodiversité.

> Parce qu’il n’y a pas d’avenir sans forêts, les écologistes continuent à se mobiliser pour la protection des forêts françaises et du service public de la forêt.

> Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux

> Retrouvez ici le Manifeste de Tronçais : « Pour la forêt, notre bien commun ».

> Retrouvez les propositions d’Europe Écologie – Les Verts : « Une politique forestière écologique… c’est urgent ! ».

> Retrouvez dans le JDD la tribune de David Cormand : « La forêt qu’on défigure ».

>

Vous pouvez retrouver ce communiqué ainsi que tous les communiqués sur le site eelv.fr 

Extension portuaire de Port La Nouvelle

Le rapport DNV GLi (Maritime Forecast to 2050), paru fin 2017 a fait du bruit dans le milieu du shipping.  Celui-ci anticipe (hors contingences extérieures type crise financière ou géopolitique) une forte augmentation du trafic containers jusqu’en 2030, (y compris
pour les vracs solides), une stagnation ensuite et une baisse généralisé du trafic mondial en 2050. Il tendrait donc à montrer que le projet d’extension de PLN est à contre temps. Sans terminal containers, il sera réalisé au moment où les échanges ne croitront plus. Cela conforte les avis déposés à l’enquête publique invoquant l’obsolescence du projet !

Au cours de l’enquête publique, nous avons dit, rapports scientifiques à l’appui, comment la situation actuelle était alarmante et les effets prévisibles plus importants qu’attendus par l’étude d’impact. Nous ne reviendrons pas non plus sur la destruction des centaines d’hectares de fonds marins…
Mais revenons au rapport d’enquête publique avec un petit rappel contextuel :

La production de biomasse dans le Golfe du Lyon est tributaire non seulement du bon état de ses eaux mais également de celles des lagunes adjacentes. Ces lagunes sont essentielles pour des espèces à forte valeur ajoutée (loup, anguilles, soles, daurades…) ou plus patrimoniales comme les hippocampes, les grandes nacres ou les aplysies (lièvre des mers). En général, l’état de ces lagunes est dégradé.

Cependant l’une d’entre elles connait depuis une dizaine d’années une dynamique de restauration. Le complexe lagunaire Bages-Sigean dont il s’agit, ici, ne communique avec la Méditerranée que par un grau, unique, long et étroit, qui plus est, occupé par un port de commerce.
L’extension de ce port peut-elle se faire sans influence sur le fonctionnement du grau ?
A l’issue de l’enquête publique pour cette extension, la Région a fait une proposition
destinée à rassurer tous ceux (nombreux) qui s’inquiètent pour le devenir de cet étang. Carole Delga et Didier Codorniou se sont répandus en propos lénifiants. Leur discours a été à peu près : « Nous avons écouté les inquiets et leur avons répondu, ils ne peuvent qu’être rassurés ». Hélas, il n’y a là, rien qui puisse nous rassurer. En l’occurrence, un comité d’expert va être chargé du suivi des travaux. Cela concerne en particulier (mais pas que) l’amélioration des connaissances sur les échanges mer-étang avec un meilleur calage du modèle de circulation qui a été utilisé pour l’étude d’impact. La maîtrise d’ouvrage ajoute que ce modèle a été validé par tout le monde.
La commission d’enquête a complaisamment relayé cette affirmation. Pourtant, c’est
factuellement FAUX. Le dossier d’enquête publique, volume 7 contient un avis émanant du conseil scientifique du PNR qui le critique de manière indirecte (page 119/155). Ce même volume présente également une critique directe (page 75/155) formulée par l’Agence Française pour la Biodiversité.
S’il est vrai que l’autorité environnementale (MRAE) a validé ce modèle, la lecture du PV de la réunion (p 459/476 du rapport d’enquête publique) au cours de laquelle il l’a été, ne laisse pas paraître une adhésion enthousiaste. D’ailleurs, les services de l’état avaient-ils connaissance des articles publiés par IFREMER sur le sujet ? De plus, au cours de l’enquête publique, plusieurs intervenants ont demandé pourquoi ce modèle avait été utilisé au détriment de celui élaboré par IFREMER, largement financé par la Région. La maîtrise d’ouvrage n’a apporté aucune réponse !
De même, tout au long du rapport d’enquête publique, la maîtrise d’ouvrage fanfaronne en disant qu’il n’y aura pas d’impact sur ces échanges, sur la base des résultats de son modèle de simulation, ce que de la commission d’enquête reprend à son compte. Toutefois, cela ne pourrait avoir de signification concrète que si les études étaient en mesure de montrer que telle réduction des volumes transitant par le grau va entraîner telle augmentation (ou pas) de l’eutrophisation par le biais du renouvellement des eaux lagunaires. Page 444/476 du rapport d’enquête publique, sous la  plume des services de la Région, nous lisons : « Pour rappel, le but de l’étude n’était pas d’étudier le taux de renouvellement de la lagune (un modèle spécifique et des données internes à l’étang
auraient été alors nécessaires), mais de montrer que le projet n’a pas d’incidence». Aveux navrant !
LES AFFIRMATIONS QU’IL N’Y A PAS D’INCIDENCES NE REPOSENT SUR RIEN
Notons au passage que ce fameux modèle spécifique existe, c’est celui d’IFREMER et comme nous l’avons souligné dans notre contribution à l’enquête publique, il a montré sa robustesse notamment lors du démantèlement de l’ancien barrage à vanne.
Le groupe d’expert qui va suivre le projet pourra proposer des mesures correctives, nous
dit-on. En cours de travaux, nous pouvons facilement les imaginer : bâches de confinement, suspension des travaux… Par contre, en phase exploitation, il sera trop tard, il n’y en aura pas. Les experts constateront le renversement de la dynamique de restauration du complexe lagunaire sans qu’aucune intervention ne soit possible.
Nous pensons devoir rappeler que la dynamique de restauration est en grande partie due à l’amélioration des échanges mer/étang par la déconstruction (cf. supra) partielle d’un ancien barrage.
Cette opération n’a pas été complète pour une raison particulière : la limitation des apports de sédiments vaseux des étangs vers le port. Dans le cadre de ces mesures correctives, nous pourrions imaginer un complément de déconstruction (palplanches, piles d’un ancien pont…) mais nous assisterions alors à un fort envasement du port historique…. Avec quel impact sur le coût des dragages ? Lesquels ont une incidence sur les transits d’ichtyofaune et potentiellement sur les herbiers de zostères de l’étang.
Moralité, lorsqu’on touche à des systèmes complexes, les conséquences peuvent être
inattendues et pas forcément celles qui sont désirées. Les écologistes sont les mieux placés pour les dénoncer et dire : ça suffit !
Dernier point, nous avons appris de « sources proches du dossier » qu’un accord financier avec les gestionnaires des dépôts pétroliers avait été trouvé…. A la suite de l’enquête publique, Carole Delga a annoncé la création prochaine d’une SEMOP (page 374/476 du rapport d’enquête publique) chargée de la suite du projet et sa gestion. Dans cette même annonce, elle confirme que l’étape 1 du projet, entièrement financée par les collectivités publiques est « non productive » (sic !) alors que la suite, partiellement financée par des privés sera, elle, productive et à leur profit.

Nous avons qualifié cette opération de privatisation rampante reposant sur le schéma classique de la socialisation des pertes et privatisation des profits. Par ailleurs, il n’est pas évident que cela aboutisse. En effet, nous n’avons aucun exemple de SEMOP gérant des ports de commerces maritimes ; seuls quelques ports de plaisance, un port fluvial…
Quoiqu’il en soit, en fonction de ces données, doit s’appliquer l’article L 123-14 du code de l’environnement qui prescrit une enquête publique complémentaire lorsque l’économie générale du projet est en jeux. La jurisprudence ayant trait à la notion d’économie générale est étendue aux conditions financières du projet…
L’affaire n’est donc pas bouclée. Il est encore temps pour nos élus de faire entendre leurs
voix d’écologistes soucieux de l’environnement. Privilégier une infrastructure à l’utilité contestable au détriment de la biodiversité marine et de l’environnement d’une manière générale est une question éminemment politique. La démission de Nicolas Hulot nous a montré que les compromis sans rapport de force nous conduisaient au mur. Allons-nous répéter l’expérience en région ?

Rédigé par EELV Groupe local du Narbonnais, le 6 septembre 2018. Contributions de
Marie Laure ARRIPE, Albert CORMARY et Mariette GERBER, avec le soutien de la
coordination départementale Aude

______________________
DNV GL est une société mondialisée dont le siège social est à Oslo. Son activité couvre essentiellement les services dans le management de la qualité et des risques. L’étude dont il est question, ici, tient compte des facteurs de population, croissance des gaz à effet de serre, énergie consommée, prévisions d’échanges commerciaux, différences géographiques et l’impact des nouvelles normes et technologies