Ecologie : un climatiseur sans électricité

Un Bangladais est en train de rendre service à des milliers de personnes dans son pays, avec des bouteilles en plastique et surtout un peu d’imagination. Son climatiseur fonctionnant sans électricité a déjà été installé dans plus de 25 000 foyers à la campagne depuis le mois de février 2017.

 

Il y a souvent des inondations au Bangladesh. Du coup, la plupart des gens construisent des maisons en tôle – et non en terre – à la campagne. Et environ 70 % des Bangladais vivent dans ce genre d’habitations. Le problème, c’est qu’il y fait vraiment très chaud en été, en particulier dans le nord et le centre du pays. C’est comme d’être dans un sauna au Sahara !

L’un de nos responsables, Ashis Paul, a donc commencé à réfléchir à la façon dont on pourrait aider ces gens. Un jour, il a entendu le professeur de physique de sa fille lui expliquer que l’air se refroidissait quand il circulait rapidement. Comme il a toujours été passionné de science, il a commencé à faire quelques expériences. C’est ainsi qu’il a eu l’idée de fabriquer un climatiseur à partir de bouteilles en plastique et c’est comme ça que l’Eco-cooler est né.

 

il faut d’abord couper en deux des bouteilles d’eau en plastique, puis les placer sur une planche, dans des trous adaptés et préalablement percés.

Ensuite, il faut insérer la planche dans l’encadrement d’une fenêtre : les goulots des bouteilles doivent se trouver du côté de l’intérieur de la maison.

eco-cooler.2

Lorsque l’air entre dans la bouteille – là où c’est large – et ressort à travers le goulot, la pression change, ce qui refroidit l’air. En somme, l’Eco-cooler n’a pas besoin d’électricité pour fonctionner.

 

 

L’Eco-cooler peut faire immédiatement baisser de 5 degrés la température. Quand il permet de passer de 30 à 25 degrés dans une pièce, je peux vous dire que ça fait une sacrée différence !

Notre agence, Grey, a décidé que ce serait un projet pro-bono : nous distribuons les unités d’Eco-cooler gratuitement. Nous avons dessiné le premier prototype en mars 2015 et finalisé le projet à la fin février 2017.

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Ce qui est vraiment plaisant, c’est la facilité avec laquelle on peut faire ces objets. D’abord, les matériaux de base sont faciles à trouver : ici, les gens ne recyclent pas, il y a donc beaucoup de bouteilles en plastique vide qui jonchent les rues.

Port la Nouvelle et l’avenir de la mer.

mis à jour 6 mai 2018

Bonjour à tous

Tout d’abord, pour ceux qui n’ont pas lu l’article sur les dépôts pétroliers :http://www.lindependant.fr/2018/01/19/extension-portuaire-la-nouvelle-bientot-en-panne-d-essence,3088912.php#xtor=EPR-2-

Ensuite, j’ai appris que les inquiétudes des pêcheurs étaient aussi celles de plaisanciers qui commencent à comprendre que ce projet va leur changer beaucoup de choses. Concernant les pétroliers, le chantage aux subventions est évident mais cela montre surtout la gestion calamiteuse du projet. La position des pétroliers (EPPLN) est connue depuis 2013, ils avaient écrit dans leur cahier d’acteur : « dans un contexte économique difficile, le projet doit permettre durant la phase de travaux et dans sa configuration définitive, de garantir a minima le même niveau de prestation sans majoration des coûts » et plus loin, ils détaillent leurs attentes dont :  « ne pas déstabiliser l’équilibre économique actuel en imposant de nouveaux investissements liés aux ,nouveaux aménagements »C’est on ne peu plus clair !

Et pour leur donner des éléments de chantage quand les appels d’offre sont lancés (https://www.marchesonline.com/appels-offres/avis/travaux-d-extension-du-port-de-port-la-nouvelle/ao-7516323-1), il n’y avait pas mieux que de leur dire, on est pressés !  La position initiale étant connue, le projet aurait du être revu en excluant le démantèlement du sea line tout au moins en première phase.

Toujours sur la gestion du dossier, d’après l’Indep, Codorniou aurait dit qu’il n’y avait pas d’étude d’impact. En fait, ce serait un pêcheur qui l’aurait dit en sortant de réunion et qui donc aurait compris ses propos de travers. N’ayant pas assisté à cette réunion avec les pêcheurs, je ne peux pas être affirmatif mais on peut supposer que les dires de la région étaient assez confus pour qu’il y ait des interprétations… tout montre que ce que la région et tous les caciques nous ont présenté depuis des mois comme l’espoir économique du pays est en train de se dégonfler devant des réalités bien triviales. La région a voté pour un projet de 350 M€, le dossier parle de 389 non compris la démolition de la jetée N (phare vert) et un certain nombre de compensations environnementales qualifiées de « non chiffrables ». Si on doit y rajouter des cadeaux aux pétroliers, c’est le tonneau des Danaïdes, certifié ISO quelque chose !

Enfin, il y a une précision qui n’est peut-être pas connue de tous. Les éoliennes du projet EOLMED, une fois le quai aménagé dans le bassin de dissipation de houle peuvent être construites sur place sans autres travaux.  Ce sont les éoliennes du projet de Leucate – Barcarés qui pour être montées sur place ont besoin de 11 m de tirant d’eau et d’une passe plus large.  Elles peuvent être montées à Sète ou à Fos, là où les éléments seront construits… Par ailleurs, où en est ce projet, certainement moins avancé que l’autre ?

En bref, l’enquête publique risque de nous réserver quelques surprises !

 Albert CORMARY

  • Quant aux éoliennes en mer, ont-elles besoin de toutes ces infrastructures. Au vu du dossier qui va être à l’enquête publique, la réponse est non ! Une adaptation de l’actuel est nécessaire, elle implique des travaux lourds mais pas les 2,6 km de digues prévues. Donc il y a des alternatives au projet.

    Le dossier est-il sincère ? Il implique la création d’un nouveau sea line pour les 3 ans de travaux qui ensuite sera démantelé pour faire entrer les pétroliers dans le port. Qui prendra en charge cette opération ? Les pétroliers ? Ils ont déjà répondu que non. La région et ses co-financeurs ? Ils ne l’ont pas budgété ! il est proclamé partout que le cout va être de 350 M€. Quand on additionne ce qui est dans le dossier, il faut en rajouter pas mal. Qui va payer ?

    Les impacts environnementaux ? Ils seraient négligeables. Pourtant les échanges mer-étang vont être ralentis ce qui reportera loin dans le temps l’amélioration de la qualité des eaux lagunaires alors que le processus d’atteinte de la bonne qualité écologique est constaté. Il n’y aurait pas d’effet sur le trait de côte. Difficile à croire. Le creusement des bassins va nécessiter le dragage de millions de m3 de sédiments. La loi sur la croissance bleue a interdit leur déversement en mer (le clapage) à partir de 2025, c’est-à-dire demain. Tous les ports sont en train d’anticiper en recherchant des solutions sauf le notre !

    La construction des km de digue et le système constructif choisi entraine le transport de millions de t de matériaux de carrière la majeure partie par camion soit 488 mouvements quotidiens pendant 30 mois. Sans impact dit-on !

    Comme je l’ai déjà dit, le dossier n’est pas encore à l’enquête publique donc non consultable. Si vous voulez vous en saisir au moment voulu, je peux vous donner un coup de main…

    Albert CORMARY

    PS : Pour ceux qui découvriraient le dossier, vous pouvez consulter celui du débat public. Il est archivé sous http://cpdp.debatpublic.fr/cpdp-pln2015/  En cliquant sur l’onglet s’informer, vous trouverez les éléments du maître d’ouvrage et sur le sous onglet « les éléments des acteurs », les cahiers d’acteurs. Vous y verrez notamment celui de Lafarge qui en fait une critique cinglante. Les cahiers d’acteurs Conf’, villes en transition, ECCLA, EELV… en font une critique rationnelle

Alors, ici et maintenant : le port, la pêche et l’halieutique et les énergies renouvelables

Concernant le port, nous avions participé au débat sur son extension et nous nous y étions fortement opposés autour de trois raisons principales. Un projet très couteux et décalé, inadapté à la fois aux évolutions du trafic maritime : contrairement aux dernières décennies, le transport maritime est amené à stagner, voire à régresser, pour des raisons multiples, à vérifier ; à une vision d’ensemble de l’avenir des ports de la région, c’est à dire se mettre en concurrence avec Sète, qui possède déjà les infrastructures nécessaires, donc avec une rentabilité très improbable. Avec en plus la nécessité de constituer un Hinterland, c’est à dire une zone où stocker les conteneurs à l’intérieur du territoire. Là, j’ignore où c’est prévu, mais je sais qu’à Sète, ils vont le faire et que c’est un non sens à nouveau économique et écologiste. Et pour finir une empreinte écologique cata. Le type même du grand projet inutile à nos yeux. Attention, pas dans l’absolu, mais dans cette configuration là. Mais l’emploi ? J’avais fait à l’époque, et les journaux l’avait repris, ce calcul : vos projections indiquent un investissement de 225 000 euros par emploi créé. Alors que la moyenne à l’époque était de 13 500 euros (ça a augmenté …). Ce qui veut dire qu’avec les 200 millions (depuis ça aussi a augmenté…) du projet, on pourrait créer 30 000 emplois en Languedoc Roussillon. On est loin du compte bon bref. Nous allons voir ce qu’on peut proposer d’autre pour le port.

La pêche et les autres cultures marines maintenant. J’ai assisté aux débats à propos des éoliennes de Quadran et notamment à celui sur la pêche où les inquiétudes des pécheurs concernant l’avenir de la ressource étaient très claires. Il a été évoqué que les bassins des éoliennes puissent contenir des élevages de poissons. Et dit que cela allait concurrencer votre propre marché. Mais plutôt que d’envisager la concurrence, pourquoi pas la coopération ? Une partie de ces produits pourrait venir au contraire repeupler la mer. D’ailleurs, il me semble qu’avaient été présentées des possibilités de « nichoirs » à poisson. A discuter, je ne suis pas spécialiste ici, mais j’ai beaucoup lu pour préparer cette réunion. Et j’ai plutôt des vues sur l’évolution mondiale en matière de péche.

Les énergies renouvelables pour finir. Le projet d’éoliennes en mer, si j’ai bien tout suivi, a fini par faire l’unanimité, et les réticences des pêcheurs se sont largement atténuées. Vous pourrez sans doute nous expliquer pourquoi. Mais là se pose un autre problème. Il est question que Quadran assemble les éoliennes sur place ce qui va créer des emplois. Mais le chenal n’est pas tout à fait assez large pour pouvoir les acheminer, ce qui repose le problème de l’agrandissement du port. Là aussi il va falloir trouver des compromis, et j’espère que la discussion nous éclairera là dessus. Que voulez vous ? Que pensez vous ?

Ensuite, ce que nous proposons : un changement d’orientation majeur

Tout d’abord et de façon générale, EELV propose de re territorialiser tout ce qui concerne les problématiques de la mer et du littoral, parce que les contextes, les situations sur chaque versant marin sont différentes et spécifiques. 70% des frontières de la France sont maritimes. Donc on va discuter de ce que nous proposons comme projet pour PLN. Mais avant je vais vous faire nos fondamentaux, c’est à dire ce qui concerne tt le monde au bord de la mer et des océans.

Le réchauffement climatique entraine :

-1. L’élévation du niveau des mers ? 20 cm au 20ème siècle, 50 à 80 pour celui ci. D’où érosion des côtes et recul des terrains littoraux. Ici comme à Gruissan…

-2 La variation de la température de la mer et de l’air, à savoir dérèglements multiples, tempêtes, cyclones, ou sécheresses ; etc.

– 3.L’ acidification des eaux. Avec des conséquences sur la pêche et plus largement sur la biodiversité marine. Actuellement, ce sont les récifs de coraux qui prennent, mais tout le reste va suivre.

Par ailleurs, la pollution, et la mer poubelle ont là aussi des effets nocifs sur la faune et la flore marine, et donc des conséquences sur la pêche. Donc sur ce thème on propose trois pistes, qui sont susceptibles de concerner PLN et les environs. Avec en tête stopper le réchauffement climatique et les pollutions marines. Les pistes :

Tout d’abord, éviter de mettre les boues de dragage dans la mer et les traiter et recycler à terre. C’est une source d’activités, d’emplois et de ressources. Ensuite, du côté des navires, il faut envisager, ici ou ailleurs, mais pourquoi pas ici une filière de déconstruction et recyclage des navires, il en manque en France et il existe ici suffisamment de zones industrielles en friches pour pouvoir organiser cette filière, là encore emplois et acquisition de compétences. Toujours à propos des bateaux, se met depuis quelques années en place un dispositif autour des bateaux du futur, c’est à dire des bateaux qui économiserons les énergies fossiles et fonctionneront au renouvelable etc…

Pour lire les avis déposés numériquement à l’enquête publique, reportez-vous sur https://www.democratie-active.fr/enquete-extension-port-de-pln/

Notre transition énergétique

Réchauffement climatique, risque nucléaire, épuisement à terme des ressources en énergies fossiles montrent qu’il y a lieu d’urgence de passer à un autre modèle énergétique.

Vous connaissez le nôtre :

Trois grands principes

  • sortir de la dépendance aux énergies fossiles et au nucléaire en moins de 20 ans (2017-2035). Les allemands sont en train de le faire, les Suisses l’ont voté et donc nous pouvons nous aussi le faire.
  • Une France 100% renouvelable en 2050. Dans l’Aude, nous avons des possibilités formidables, avec la mer, le soleil et le vent.
  • La réduction de la consommation d’énergie par la sobriété et une meilleure efficacité, notamment par la rénovation des bâtiments.

Bref consommer moins et consommer mieux.

Oui, mais l’emploi me direz vous ? Entre 100 et 200 000 personnes travaillent dans le nucléaire. Et le coût ?

Alors, j’ai plusieurs bonnes nouvelles. Aussi bien pour l’emploi que pour les finances publiques , la TE est une bonne affaire.

Du côté de l’emploi, l’ADEME a calculé que très vite, horizon 2023, on pourrait créer 700 000 emplois, dont 400 000 dans les énergies renouvelables et à l’horizon 2050 près d’un million. Dans quels secteurs ? les renouvelables donc, la rénovation des bâtiments etc…

Par ailleurs, nous prévoyons que le retrait progressif de l’activité nucléaire doit se faire en concertation avec les syndicats, et la mise en place d’une filière « démantèlement », qui comportera forcément un dispositif formation.

Entre parenthèses, sur ces questions, certain-e-s d’entre vous ont peut être vu le film RAS. Ce film montre comment les salariés du nucléaire, là depuis longtemps, formés et compétents, sont en train de se faire virer, pour être remplacés, par des moins ou pas formés, moins chers donc, mais incompétents… La gestion des centrales nucléaires est bradée !

Et du côté de la santé, il est prévu 200 milliards d’euros d’économisés. Ne pas oublier que 40 000 personnes par an meurent à cause de la pollution atmosphérique.

Comment faire ?

Tout d’abord, c’est une sortie progressive. Arrêter les centrales les unes après les autres, quand elles atteignent le seuil de 30 ans d’âge, qui est le moment où elles deviennent à risque. Et surtout ne pas en construire de nouvelles. C’est le scénario choisi le week-end dernier par la Suisse.

Et parallèlement, développer les recherches et les investissements dans les renouvelables. Alors dans ces domaines, beaucoup d’inventions, de progrès ont déjà été réalisés, mais il en reste beaucoup à trouver et mettre en œuvre. Dans ces domaines, tout va très vite, ou très lentement.

Par exemple, j’ai découvert le week-end dernier le principe de l’énergie thermique maritime, l’ETM. Qui connaît ? Et qui sait que le principe a été inventé par Jules Verne, dans son bouquin « vingt mille lieues sous les mers » ?

Bref, dans l’Aude, on peut continuer à développer les énergies marines, par exemple l’éolien flottant au large de Port La Nouvelle et Gruissan,  plus le solaire que plusieurs communes ont déjà installé.

Mais on peut encore faire d’autres choses. Une de nos caractéristiques à nous écolos, est que l’on pense dans le long terme, à vingt, trente cinquante ans… La plupart des découvertes et des réalisations qui vont se produire sur ces durées ne sont pour l’instant, ni prévisibles, ni imaginables.

Mais il existe des pistes… Et je vais en développer ici quelques unes, pas seulement pour nous faire rêver, mais pour bien montrer qu’il existe une vie sans le nucléaire et les énergies fossiles. Et qu’il est non seulement nécessaire, mais agréable de passer à autre chose…

Des spécialistes de la prospective ont dessiné le monde, la planète à l’horizon 20038, à travers notamment le regard de John Peter Overview, au nom prédestiné, ou un pseudo ?

Son scénario, dans le domaine des énergies, anticipe que le solaire photovoltaïque a fait diminuer son prix à tel point que l’exploitation des énergies fossiles est devenue de moins en moins rentable. Merci pour l’Arctique, car du coup, avec la diminution du prix de baril, on a renoncé à exploiter les gisements pétroliers tout autour de cette région. Et idem pour les schistes etc…

Autre avancée : un des problèmes avec les énergies renouvelables, c’est le stockage. Or, on a appris entre temps à stocker l’électricité dans des sels fondus ( ???)

Même dans le nucléaire, des progrès ont été réalisés, notamment en Asie (Chine et Inde). Les centrales en Inde fonctionneraient au thorium, dont les déchets sont dix à cent fois moins radiotoxiques que ceux du plutonium.

Dans le domaine des transports, là encore des progrès spectaculaires. D’abord on a réussi à développer la propulsion par hydrogène. 

Le développement de batteries au graphène ( ?)  permet aux voitures d’atteindre 5000 km d’autonomie et à terme de remplacer les moteurs à combustion par des moteurs électriques.

Mais alors, quand même, l’électricité, d’où vient-elle ? En ce qui concerne l’Europe, elle a atteint son indépendance énergétique, totalement en renouvelable, en s’associant à des pays actuellement hors de son champ, le Maghreb, la Norvège et des morceaux de Russie… L’idée est de construire un maillage, qui, outre la production intérieure de l’Europe actuelle, fait venir de l’électricité depuis les fermes solaires du Maghreb, les éoliennes off shore de la mer du Nord et les centrales géothermiques du Caucase. L’avantage en est que les conflits possibles avec ces pays, privés de leurs recettes issues des énergies fossiles sont désamorcés, par compensation avec d’autres possibilités de ressources.

De toute façon, la relocalisation des activités à proximité de leurs utilisateurs et la sobriété énergétique ont permis de réduire les besoins de circuler et plus globalement la demande d’énergies.

Ce scénario peut faire sourire. Mais il faut savoir que depuis quelques décennies, le taux de croissance de la consommation d’énergie diminue, contrairement à ce que l’on pense. Il est passé au pif de 1,8% de croissance par an, à 1,1%. OK d’accord, ça continue d’augmenter, mais la pente est décroissante. On a davantage d’appareils ménagers, mais ils sont moins énergivores. Le recul des industries lourdes, très consommatrices, contribue aussi à la tendance globale. La tertiarisation des activités elle aussi contribue à la diminution de la demande d’énergie. Avec deux bémols, certes. Les centres informatiques sont très gourmands, et la délocalisation des activités industrielles ne supprime pas la demande mais la déplace. Les véhicules automobiles aussi, malgré quelques écarts…, sont sur la même voie.

Marie-Laure ARRIPE et Jean CHANOIS2014_004 Narbonne

Pourquoi la manifestation contre AREVA à Malvesi ?

Samedi 13 mai 2017, à la mi-journée, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées sur la place de l’Hôtel de Ville de Narbonne pour manifester leur refus de voir installer à leur porte un nouvel équipement industriel très polluant pour l’environnement et présentant des risques pour la santé publique. Depuis de très nombreuses années, nous dénonçons l’industrie nucléaire, dans toute sa chaîne, de la mine aux déchets ultimes, quelque doit l’usage fait, qu’elle soit civile ou militaire et sans occulter les risques liés aux usages médicaux.

Le procédé de traitement des effluents qui est envisagé par AREVA est pompeusement baptisé TDN pour traitement de destruction des nitrates.

L’accumulation de ces nitrates est problématique mais que va-t-on détruire ? En abrégé, les molécules de nitrate vont être cassées et l’azote libéré va partir dans l’atmosphère, se recombinant en NOx et autres joyeusetés, provenant du process lui-même comme le benzène, cancérigène, et le DEHP, un perturbateur endocrinien reprotoxique. Cette situation montre une fois de plus l’impasse dans laquelle se trouve l’énergie nucléaire : production de déchets dont le traitement, nécessaire, est encore à la recherche d’une solution satisfaisante.

AREVA n’en démord pas, c’est la solution pour réduire le volume des déchets, exporter les déchets ultimes, se débarrasser des bassins d’évaporation et éviter la réédition de la rupture de digue de 2004.Autrement dit, rendre l’usine présentable le tout évidemment dans le plus grand souci de préservation de l’environnement.

Une discrète enquête publique avec un dossier incompréhensible pour le commun des mortels a lieu à la fin de l’été 2016. Le dossier est si peu compréhensible que l’association ECCLA, si souvent combative face à AREVA se montre pour le coup assez conciliante. Elle se félicite qu’enfin ces déchets soient traités mais regrette que le procédé choisi consomme tant de matières premières. Sur ces deux points, on ne peut que lui donner raison mais il y avait un troisième point, moins évident : les rejets atmosphériques. Et là, il a fallu l’opiniâtreté de l’association Rubresus pour lancer l’alerte. La jonction de cette association avec les anti-nucléaires et des habitants simplement soucieux de leur environnement a provoqué la formation d’un collectif citoyen : le COVIDEM, collectif de vigilance sur les déchets de Malvézy. Un travail militant plus large a alors pu s’engager avec l’aide de l’Assoc’Epicée.

Une réunion d’information à la médiathèque de Narbonne, portant notamment sur les risques sanitaires liés à cette pollution atmosphérique, une manifestation à Moussan réunissant 400 personnes, une pétition qui prend de l’ampleur… Entre temps, le préfet prend un arrêté de sursis à statuer repoussant sa décision au 9 mai. Des conseils municipaux, le département, l’agglomération, votent des motions demandant des expertises du site et des procédés. Une réunion extraordinaire du conseil municipal de Narbonne est consacrée au sujet. Le préfet prend un nouvel arrêté repoussant sa décision au 9 aout. La mobilisation prend de l’ampleur et des habitants de Moussan (les familles papillon) prennent les choses en main et organisent cette manifestation originale du samedi 13 mai.

Plusieurs militants du groupe local d’EELV participent activement au COVIDEM. Ce combat est celui que nous menons depuis des décennies contre l’industrie nucléaire en général. Jusqu’ici, AREVA (et ses prédécesseurs) avaient réussi à faire croire que cette usine si discrète n’avait rien à voir avec les dangers du nucléaire ; on n’y traite que de l’uranium naturel… Et c’est son vrai visage qui apparaît au grand jour : pollutions de tous ordres, chimiques et radiologiques, des déchets en quantité astronomique et pour lesquels on n’a pas de solution pérenne, le mensonge, les tentatives de manipulation de l’opinion… Tous les travers que nous dénonçons depuis es décennies sont là, étalés au grand jour, au centre d’une agglomération. Dans un rayon de 10 km, vivent et travaillent environ 70 000 personnes !

Ce samedi, nous étions émus de voir autant de monde sur la place de l’Hôtel de Ville de Narbonne. Voir tant de monde ayant pris conscience des réalités qui sont à notre porte. Bien sur, nous n’allons pas raconter que c’est grâce à nous, même si nous y avons contribué. Voir de simples habitants sans expérience politique ou même militante, prendre les choses en main comme ils l’ont fait a quelque chose de réjouissant et en dit long sur les capacités de résiliences qu’a notre pays malgré les discours de régression que nous venons d’entendre au cours de l’élection présidentielle. Cela ne peut que nous encourager à poursuivre le combat de l’écologie politique.

La mobilisation que nous avons vue ne doit pas diminuer, le lobby nucléaire a plus d’un tour dans son sac et la date butoir du 9 aout pour l’arrêté préfectoral pourrait en être un ! La mobilisation concerne le procédé THOR de traitement des nitrates. D’autres solutions sont possibles, moins polluantes et il faut aussi se battre pour leur mise en œuvre, car ces déchets doivent impérativement être traités. Il faut aussi se battre pour les déchets ultimes, ceux déjà présents sur le site et à venir. A venir ?
Oui car même si nous sommes pour l’arrêt du nucléaire, nous sommes conscients que cela ne peut se faire en quelques mois et tant qu’une centrale produira, Malvézi fabriquera du tétra fluorure d’uranium et des déchets seront produits.

L’arrêt du nucléaire ne peut se faire que de manière planifiée, en jouant non seulement sur les énergies de substitution (renouvelables évidemment) mais également sur la réduction à la dépendance à l’énergie électrique. Rappelons par exemple que lorsqu’un ménage allemand consomme en moyenne 1700 kW/h, un ménage français en consomme 2700 !

C’est le rôle du politique d’insuffler ce mouvement et c’est ce que nous portons depuis longtemps et continuerons à porter. Nous notons avec plaisir que de nouveaux mouvements politiques portent un discours sensiblement équivalents. C’est évidemment dans l’union que nous réussirons le mieux mais notre antériorité nous a conféré une expertise sur ces dossiers, à nulle autre pareille !

Albert CORMARY et Mariette GERBER

Nucléaire, non merci

2014_004 Narbonne

Une poubelle nucléaire à proximité de Narbonne ?

MALVEZY

Depuis les débuts du programme électronucléaire, en France, les écologistes se sont opposés à cette industrie. Nous la jugeons dangereuse, sur les plans de la santé publique, de la santé des travailleurs et de la géopolitique. Qui plus est, ce que nous dénonçons depuis le début apparait au grand jour : le cout réel de l’exploitation des centrales est inconnu mais certainement très en deçà du prix de vente du kW/h par EdF.

Quant à la question des déchets générés par cette industrie, personne n’a de réponse satisfaisante pour les milliers d’années d’existence morbide qu’ils vont avoir.

Depuis de nombreuses années, les militants antinucléaires du Narbonnais tentent d’alerter la population sur les dangers de l’usine de Malvezy, aux portes de la ville et des villages (Moussan, Cuxac…). Quelques épisodes ont mis l’usine sur le devant de scène comme les ruptures de digue de 2004 et 2006. Ensuite, elle retourne dans les oubliettes de la routine et les militants ont l’impression de prêcher dans le désert.

Pourtant, l’actualité récente du projet de traitement des effluents nitratés par le procédé Thor a mis le site sous les projecteurs. A cette occasion, de nombreux narbonnais ont saisi sa réalité. Pour faire de l’électricité avec le nucléaire, il faut de l’uranium. De l’uranium purifié puis enrichi. La première étape se passe ici : traitement avec de l’acide nitrique et de l’acide fluorhydrique pour obtenir du tétra fluorure d’uranium.

Le tout est générateur de nombreux déchets. Certains sont envoyés dans l’atmosphère et d’autres conservés dans des bassins en attendant qu’on leur trouve une destination finale. Après 50 ans de fonctionnement, l’accumulation est impressionnante : plus d’un million de m3 ! Leur dangerosité ? Circulez, il n’y a rien à voir répondent les irresponsables de l’usine.

Ces quelques lignes ne peuvent suffire pour raconter toutes leurs turpitudes. Ici comme ailleurs, les nucléophiles sont passés maîtres dans l’art de la dissimulation, la maîtrise des éléments de langage, la manipulation des populations…

De nombreuses affaires s’abattent sur l’entreprise AREVA et plus grand monde ne croit en en un avenir radieux pour ses productions. Les riverains prennent conscience de ce qu’ils cotoient et de ce qu’AREVA tente de leur faire subir avec le procédé THOR. Bien sur, nous leur apportons notre soutien et nous participons aux manifestations organisées par les habitants de Moussan. Nous participons également aux actions du COVIDEM (Collectif de Vigilence sur les Déchets de Malvézi).

Alors, dans l’émotion, de bonnes âmes réclament la fermeture de l’usine, sa délocalisation. Nous avons le courage de dire que c’est une vrai fausse bonne solution aux pollutions qu’elle génère. Pour éviter d’avoir des déchets, la seule attitude est d’arrêter d’en produire. Donc arrêtons le nucléaire et nous arrêterons la production de Malvézy. La transition énergétique va se produire, tôt ou tard. Le plus tôt sera le mieux. Par contre, en ce qui concerne Malvézy, nous disons que cela doit se passer sans casse sociale et environnementale. Sans casse sociale pour les salariés qui devront poursuivre une activité sur place, dans la sécurisation du site et sans perte de salaire. Les opérations peuvent durer plusieurs dizaines d’années. Sans casse environnementale car les déchets seront toujours là. Ceux qui pourront être traités devront l’être. Par contre, il en est qui sont bien plus dangereux que d’autres et leur déplacement pourrait se révéler plus néfaste que leur maintien sur place, dans des conditions de sécurité maximale.