éco-pâturage

Florence Robert pratique l’élevage ovin dans les Corbières, en zone sèche avec une transhumance estivale à la montagne à la recherche de pâturages plus « gras ». Ce n’est cependant pas sa seule pratique et nous avons pensé qu’il était intéressant de citer un extrait de sa dernière infolettre. Cela nous donne un éclairage particulier quant à l’implantation des fermes photovoltaïques au sol. Donnons-lui la parole

L’éco-pâturage

Depuis deux ans, le troupeau pâture au printemps dans des parcs photovoltaïques. La convergence d’intérêt est nette : les gestionnaires des parcs profitent d’un débroussaillage naturel et améliorent leur image au passage. Nous, nous profitons de parcs fermés et surveillés au moment où les brebis ont leurs agneaux. Dans les parcs elles peuvent manger à volonté et quand elles le veulent, ce qui n’est pas le cas en gardiennage. De plus, les panneaux fournissent ombre et protection contre la pluie.

Cette synergie me paraît vertueuse. Les parcs sont habités par de nombreux animaux comme nous pouvons le constater régulièrement : perdrix, buses, lapins, renards… Avec la présence des brebis, les insectes sont favorisés, et de fait, une partie des oiseaux insectivores. Malgré le caractère industriel de ces équipements, il est évident qu’ils servent de « réserve » à une partie de la biodiversité.

Cette constatation ne plaira pas à tous, en fera même hurler certains, cependant je maintiens que l’implantation de parcs photovoltaïques dans certaines zones bien choisies (sûrement pas les zones à enjeux naturels forts type garrigue ouverte dans notre région ou les zones à forte identité paysagère) et à condition qu’elle soit alliée à la production ovine ou caprine (ou autres animaux pâturant, dont les canards et les oies font partie), pourrait être envisagée de façon plus systématique.

Aujourd’hui, en cas de terres non utilisées, la priorité va à l’agriculture. Pourtant, je préfère un parc solaire entretenu par des brebis à qui on impose des restrictions sur les vermifuges par exemple, qu’une remise en culture de type conventionnelle avec son charroi de pesticides et de pollution de l’eau et des sols… Pourquoi ne pas allier l’agriculture à l’énergie verte ? Et rendre doublement productives des terres à faible rendement ?

Il me semble également préférable du point de vue écologique de voir un parc photovoltaïque remplacer une décharges d’immondices, une friche industrielle vacante voire une jeune plantation de résineux (Pin maritime ou Sapin de Douglas).

Derrière ces aspects parfois techniques, il y a deux véritables questions, qui restent ouvertes :

Quel usage des terres voulons-nous ?

Quelle énergie voulons-nous ?

Pour en savoir plus : http://bellesgarrigues.org

Ecologie : un climatiseur sans électricité

Un Bangladais est en train de rendre service à des milliers de personnes dans son pays, avec des bouteilles en plastique et surtout un peu d’imagination. Son climatiseur fonctionnant sans électricité a déjà été installé dans plus de 25 000 foyers à la campagne depuis le mois de février 2017.

 

Il y a souvent des inondations au Bangladesh. Du coup, la plupart des gens construisent des maisons en tôle – et non en terre – à la campagne. Et environ 70 % des Bangladais vivent dans ce genre d’habitations. Le problème, c’est qu’il y fait vraiment très chaud en été, en particulier dans le nord et le centre du pays. C’est comme d’être dans un sauna au Sahara !

L’un de nos responsables, Ashis Paul, a donc commencé à réfléchir à la façon dont on pourrait aider ces gens. Un jour, il a entendu le professeur de physique de sa fille lui expliquer que l’air se refroidissait quand il circulait rapidement. Comme il a toujours été passionné de science, il a commencé à faire quelques expériences. C’est ainsi qu’il a eu l’idée de fabriquer un climatiseur à partir de bouteilles en plastique et c’est comme ça que l’Eco-cooler est né.

 

il faut d’abord couper en deux des bouteilles d’eau en plastique, puis les placer sur une planche, dans des trous adaptés et préalablement percés.

Ensuite, il faut insérer la planche dans l’encadrement d’une fenêtre : les goulots des bouteilles doivent se trouver du côté de l’intérieur de la maison.

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Lorsque l’air entre dans la bouteille – là où c’est large – et ressort à travers le goulot, la pression change, ce qui refroidit l’air. En somme, l’Eco-cooler n’a pas besoin d’électricité pour fonctionner.

 

 

L’Eco-cooler peut faire immédiatement baisser de 5 degrés la température. Quand il permet de passer de 30 à 25 degrés dans une pièce, je peux vous dire que ça fait une sacrée différence !

Notre agence, Grey, a décidé que ce serait un projet pro-bono : nous distribuons les unités d’Eco-cooler gratuitement. Nous avons dessiné le premier prototype en mars 2015 et finalisé le projet à la fin février 2017.

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Ce qui est vraiment plaisant, c’est la facilité avec laquelle on peut faire ces objets. D’abord, les matériaux de base sont faciles à trouver : ici, les gens ne recyclent pas, il y a donc beaucoup de bouteilles en plastique vide qui jonchent les rues.

Les agriculteurs bio en colères

Manifestation à Carcassonne,  lundi 11 septembre à l’appel de la Confédération paysanne. Une vingtaine d’éleveurs et leurs moutons ont envahi la Chambre d’agriculture de l’Aude. En cause, le retard des aides promises par la Politique Agricole Commune (PAC) notamment pour la filière biologique.

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Des aides sans cesse reportées

Les paysans attendent l’instruction et les soldes de leurs aides bios et MAEC (mesures agroenvironnementales et climatiques) depuis des mois, voire des années. Et d’après les dernières promesses du ministère de l’agriculture,  il faudra encore attendre novembre 2017. Un nouveau calendrier a en effet été présenté dès la fin juin et qui concerne encore les aides PAC 2015, 2016, 2017.

Les revendications concrètes des manifestants

Les agriculteurs demandent qu’une fois pour toutes, les engagements soient tenus et que les aides soient payées dans les plus brefs délais, avec des revendications précises:

  • Le retrait de toutes les pénalités PAC 2015 et 2016 (prorata, erreurs de déclaration, contrôles, etc.)
  • Un moratoire sur les contrôles PAC tant que les versements des aides ne reviendront pas à la normale
  • Le paiement des montants initialement prévus en 2016 pour les majorations ovines et de l’aide au veau sous la mère
  • Une notification pour la PAC 2018 en accord avec les communications du Président, en mettant en place un paiement redistributif à 20% du budget du premier pilier et un transfert maximum des aides du premier vers le second pilier fléché vers les MAEC et aide bio.

Mise en cause du gouvernement

Alors que la consultation des Etats généraux de l’Alimentation bat son plein , le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert, a présenté au cours de sa conférence de presse de rentrée, le 28 août dernier, les grands objectifs de sa stratégie et de son action avec une formule choc:

Nous nous engageons dans une réforme sans précédent de l’agriculture française, qui vise à permettre aux agriculteurs, quel que soit leur modèle de production, de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes et à assurer la pleine prise en compte par l’agriculture des enjeux sociaux, sanitaires et environnementaux. »

La fin du féodalisme dans l’Aude

Même très venté, le département de l’Aude manque d’air…
…mais il va enfin pouvoir un peu respirer.
Je ne fais pas allusion à l’air qui lui fait défaut en raison de cette chaleur suffocante, mais au résultat des élections législatives d’hier. Ce résultat devrait desserrer l’étau dans lequel notre territoire se trouve depuis des années, tous les postes étant détenus par une caste qui s’est reproduite sur elle-même et pour elle-même. Sans air, tout fermente, y compris en politique et, dans l’Aude, le féodalisme départemental, qui n’en manque pas (d’air) vient de prendre un coup sur la tête.
On sent une petite brise qui soulage et qui donne l’espoir de « faire » et « dire » sans être automatiquement saboté, ralenti ou récupéré, une petite brise fraîche un peu comme lorsque j’avais été élu en 2011 aux élections cantonales, en battant le représentant de cet hégémonique PS Audois qui, aujourd’hui, détient encore 36 sièges sur les 38 que compte le Conseil Départemental présidé par…André Viola.
Ce dernier est sûrement aujourd’hui dépité, lui qui était certain de déjà être député, avant de passer par l’étape essentielle qui s’appelle une… « élection ». Ayant fait comme Perrette dans la Fable de la Fontaine « La Laitière et le Pot au Lait », « ses » « veaux, vaches, cochons, couvée », trop tôt déclarés à Bram auprès de la DDTM, vont élire domicile dans une ferme de Pieusse.
Comme outil, ne sachant se servir que d’un marteau, il a eu tendance à voir que des clous partout et, pour la première vraie campagne de sa vie, il a perdu une élection qui était en fait imperdable.
Il a ainsi dilapidé l’héritage colossal des 45 % du premier tour que Jean-Paul DUPRE lui avait laissé en 2012, pour faire ses 19 % de dimanche dernier, tout en ayant pourtant eu tous les « leviers » à sa disposition. L’excuse de la « Marche » nationale n’est pas crédible. Si cette excuse de la vague Macron l’avait été, les candidats PS comme Valérie Rabault dans le Tarn et Garonne, dans le Gers, dans la Haute-Garonne, et les 2 FI dans l’Ariège, tous face à des LREM, n’auraient pas été élus…
Il y a eu en fait un réel rejet, spécifiquement local, du « Système PS audois » qui a plongé le département dans l’asphyxie. Il y a eu rejet de ce « Système », de son incarnation, de la méthode et, telle une femme bafouée, les audois se sont jetés dans les bras de quelqu’un d’autre dès qu’une bonne occasion s’est présentée.
Je tiens également à noter que « l’éducation populaire » qui a consisté à décrire et à dénoncer des pratiques d’un autre âge, explications que j’ai pu faire pendant des années, en l’occurrence auprès des habitants et élus des communes du bassin chaurien et sur celles dont j’étais le Conseiller Général, a « porté ses fruits ». En effet, ce sont sur ces communes qu’au premier tour, sur toute la circonscription, que ce système hégémonique a été le plus sanctionné.
Et chacun a contribué, André VIOLA le premier (en se sabordant lui-même avec ses vieilles « recettes » et sans même le réaliser), à mettre « la pression » pour faire sauter ce couvercle féodal, le dernier coup de collier ayant été habilement donné, avec ses propres bulles de Blanquette, par la candidate elle-même.
Ceci étant dit, je souhaite que notre Députée Mireille ROBERT puisse, dans l’intérêt de notre territoire, travailler sereinement et n’aie pas les bâtons dans les roues que j’ai connus et que je connais encore.
Je souhaite également, pour qu’une écologie concrète pourvoyeuse d’emplois soit enfin prise au sérieux et déclinée dans notre département, que notre Députée oeuvre au plus près de Nicolas HULOT et que, dans l’intérêt de toutes et de tous, dépité et Députée travaillent le plus étroitement possible et permettent à notre circonscription d’avoir la visibilité à l’Assemblée Nationale qu’elle n’a plus depuis 20 ans.
Stéphane LINOU Le 24 juin 2017

Port la Nouvelle et l’avenir de la mer.

mis à jour 20 janvier 2018

Bonjour à tous

Tout d’abord, pour ceux qui n’ont pas lu l’article sur les dépôts pétroliers :http://www.lindependant.fr/2018/01/19/extension-portuaire-la-nouvelle-bientot-en-panne-d-essence,3088912.php#xtor=EPR-2-

Ensuite, j’ai appris que les inquiétudes des pêcheurs étaient aussi celles de plaisanciers qui commencent à comprendre que ce projet va leur changer beaucoup de choses. Concernant les pétroliers, le chantage aux subventions est évident mais cela montre surtout la gestion calamiteuse du projet. La position des pétroliers (EPPLN) est connue depuis 2013, ils avaient écrit dans leur cahier d’acteur : « dans un contexte économique difficile, le projet doit permettre durant la phase de travaux et dans sa configuration définitive, de garantir a minima le même niveau de prestation sans majoration des coûts » et plus loin, ils détaillent leurs attentes dont :  « ne pas déstabiliser l’équilibre économique actuel en imposant de nouveaux investissements liés aux ,nouveaux aménagements »C’est on ne peu plus clair !

Et pour leur donner des éléments de chantage quand les appels d’offre sont lancés (https://www.marchesonline.com/appels-offres/avis/travaux-d-extension-du-port-de-port-la-nouvelle/ao-7516323-1), il n’y avait pas mieux que de leur dire, on est pressés !  La position initiale étant connue, le projet aurait du être revu en excluant le démantèlement du sea line tout au moins en première phase.

Toujours sur la gestion du dossier, d’après l’Indep, Codorniou aurait dit qu’il n’y avait pas d’étude d’impact. En fait, ce serait un pêcheur qui l’aurait dit en sortant de réunion et qui donc aurait compris ses propos de travers. N’ayant pas assisté à cette réunion avec les pêcheurs, je ne peux pas être affirmatif mais on peut supposer que les dires de la région étaient assez confus pour qu’il y ait des interprétations… tout montre que ce que la région et tous les caciques nous ont présenté depuis des mois comme l’espoir économique du pays est en train de se dégonfler devant des réalités bien triviales. La région a voté pour un projet de 350 M€, le dossier parle de 389 non compris la démolition de la jetée N (phare vert) et un certain nombre de compensations environnementales qualifiées de « non chiffrables ». Si on doit y rajouter des cadeaux aux pétroliers, c’est le tonneau des Danaïdes, certifié ISO quelque chose !

Enfin, il y a une précision qui n’est peut-être pas connue de tous. Les éoliennes du projet EOLMED, une fois le quai aménagé dans le bassin de dissipation de houle peuvent être construites sur place sans autres travaux.  Ce sont les éoliennes du projet de Leucate – Barcarés qui pour être montées sur place ont besoin de 11 m de tirant d’eau et d’une passe plus large.  Elles peuvent être montées à Sète ou à Fos, là où les éléments seront construits… Par ailleurs, où en est ce projet, certainement moins avancé que l’autre ?

En bref, l’enquête publique risque de nous réserver quelques surprises !

 Albert CORMARY

  • Quant aux éoliennes en mer, ont-elles besoin de toutes ces infrastructures. Au vu du dossier qui va être à l’enquête publique, la réponse est non ! Une adaptation de l’actuel est nécessaire, elle implique des travaux lourds mais pas les 2,6 km de digues prévues. Donc il y a des alternatives au projet.

    Le dossier est-il sincère ? Il implique la création d’un nouveau sea line pour les 3 ans de travaux qui ensuite sera démantelé pour faire entrer les pétroliers dans le port. Qui prendra en charge cette opération ? Les pétroliers ? Ils ont déjà répondu que non. La région et ses co-financeurs ? Ils ne l’ont pas budgété ! il est proclamé partout que le cout va être de 350 M€. Quand on additionne ce qui est dans le dossier, il faut en rajouter pas mal. Qui va payer ?

    Les impacts environnementaux ? Ils seraient négligeables. Pourtant les échanges mer-étang vont être ralentis ce qui reportera loin dans le temps l’amélioration de la qualité des eaux lagunaires alors que le processus d’atteinte de la bonne qualité écologique est constaté. Il n’y aurait pas d’effet sur le trait de côte. Difficile à croire. Le creusement des bassins va nécessiter le dragage de millions de m3 de sédiments. La loi sur la croissance bleue a interdit leur déversement en mer (le clapage) à partir de 2025, c’est-à-dire demain. Tous les ports sont en train d’anticiper en recherchant des solutions sauf le notre !

    La construction des km de digue et le système constructif choisi entraine le transport de millions de t de matériaux de carrière la majeure partie par camion soit 488 mouvements quotidiens pendant 30 mois. Sans impact dit-on !

    Comme je l’ai déjà dit, le dossier n’est pas encore à l’enquête publique donc non consultable. Si vous voulez vous en saisir au moment voulu, je peux vous donner un coup de main…

    Albert CORMARY

    PS : Pour ceux qui découvriraient le dossier, vous pouvez consulter celui du débat public. Il est archivé sous http://cpdp.debatpublic.fr/cpdp-pln2015/  En cliquant sur l’onglet s’informer, vous trouverez les éléments du maître d’ouvrage et sur le sous onglet « les éléments des acteurs », les cahiers d’acteurs. Vous y verrez notamment celui de Lafarge qui en fait une critique cinglante. Les cahiers d’acteurs Conf’, villes en transition, ECCLA, EELV… en font une critique rationnelle

Alors, ici et maintenant : le port, la pêche et l’halieutique et les énergies renouvelables

Concernant le port, nous avions participé au débat sur son extension et nous nous y étions fortement opposés autour de trois raisons principales. Un projet très couteux et décalé, inadapté à la fois aux évolutions du trafic maritime : contrairement aux dernières décennies, le transport maritime est amené à stagner, voire à régresser, pour des raisons multiples, à vérifier ; à une vision d’ensemble de l’avenir des ports de la région, c’est à dire se mettre en concurrence avec Sète, qui possède déjà les infrastructures nécessaires, donc avec une rentabilité très improbable. Avec en plus la nécessité de constituer un Hinterland, c’est à dire une zone où stocker les conteneurs à l’intérieur du territoire. Là, j’ignore où c’est prévu, mais je sais qu’à Sète, ils vont le faire et que c’est un non sens à nouveau économique et écologiste. Et pour finir une empreinte écologique cata. Le type même du grand projet inutile à nos yeux. Attention, pas dans l’absolu, mais dans cette configuration là. Mais l’emploi ? J’avais fait à l’époque, et les journaux l’avait repris, ce calcul : vos projections indiquent un investissement de 225 000 euros par emploi créé. Alors que la moyenne à l’époque était de 13 500 euros (ça a augmenté …). Ce qui veut dire qu’avec les 200 millions (depuis ça aussi a augmenté…) du projet, on pourrait créer 30 000 emplois en Languedoc Roussillon. On est loin du compte bon bref. Nous allons voir ce qu’on peut proposer d’autre pour le port.

La pêche et les autres cultures marines maintenant. J’ai assisté aux débats à propos des éoliennes de Quadran et notamment à celui sur la pêche où les inquiétudes des pécheurs concernant l’avenir de la ressource étaient très claires. Il a été évoqué que les bassins des éoliennes puissent contenir des élevages de poissons. Et dit que cela allait concurrencer votre propre marché. Mais plutôt que d’envisager la concurrence, pourquoi pas la coopération ? Une partie de ces produits pourrait venir au contraire repeupler la mer. D’ailleurs, il me semble qu’avaient été présentées des possibilités de « nichoirs » à poisson. A discuter, je ne suis pas spécialiste ici, mais j’ai beaucoup lu pour préparer cette réunion. Et j’ai plutôt des vues sur l’évolution mondiale en matière de péche.

Les énergies renouvelables pour finir. Le projet d’éoliennes en mer, si j’ai bien tout suivi, a fini par faire l’unanimité, et les réticences des pêcheurs se sont largement atténuées. Vous pourrez sans doute nous expliquer pourquoi. Mais là se pose un autre problème. Il est question que Quadran assemble les éoliennes sur place ce qui va créer des emplois. Mais le chenal n’est pas tout à fait assez large pour pouvoir les acheminer, ce qui repose le problème de l’agrandissement du port. Là aussi il va falloir trouver des compromis, et j’espère que la discussion nous éclairera là dessus. Que voulez vous ? Que pensez vous ?

Ensuite, ce que nous proposons : un changement d’orientation majeur

Tout d’abord et de façon générale, EELV propose de re territorialiser tout ce qui concerne les problématiques de la mer et du littoral, parce que les contextes, les situations sur chaque versant marin sont différentes et spécifiques. 70% des frontières de la France sont maritimes. Donc on va discuter de ce que nous proposons comme projet pour PLN. Mais avant je vais vous faire nos fondamentaux, c’est à dire ce qui concerne tt le monde au bord de la mer et des océans.

Le réchauffement climatique entraine :

-1. L’élévation du niveau des mers ? 20 cm au 20ème siècle, 50 à 80 pour celui ci. D’où érosion des côtes et recul des terrains littoraux. Ici comme à Gruissan…

-2 La variation de la température de la mer et de l’air, à savoir dérèglements multiples, tempêtes, cyclones, ou sécheresses ; etc.

– 3.L’ acidification des eaux. Avec des conséquences sur la pêche et plus largement sur la biodiversité marine. Actuellement, ce sont les récifs de coraux qui prennent, mais tout le reste va suivre.

Par ailleurs, la pollution, et la mer poubelle ont là aussi des effets nocifs sur la faune et la flore marine, et donc des conséquences sur la pêche. Donc sur ce thème on propose trois pistes, qui sont susceptibles de concerner PLN et les environs. Avec en tête stopper le réchauffement climatique et les pollutions marines. Les pistes :

Tout d’abord, éviter de mettre les boues de dragage dans la mer et les traiter et recycler à terre. C’est une source d’activités, d’emplois et de ressources. Ensuite, du côté des navires, il faut envisager, ici ou ailleurs, mais pourquoi pas ici une filière de déconstruction et recyclage des navires, il en manque en France et il existe ici suffisamment de zones industrielles en friches pour pouvoir organiser cette filière, là encore emplois et acquisition de compétences. Toujours à propos des bateaux, se met depuis quelques années en place un dispositif autour des bateaux du futur, c’est à dire des bateaux qui économiserons les énergies fossiles et fonctionneront au renouvelable etc…

 

Notre transition énergétique

Réchauffement climatique, risque nucléaire, épuisement à terme des ressources en énergies fossiles montrent qu’il y a lieu d’urgence de passer à un autre modèle énergétique.

Vous connaissez le nôtre :

Trois grands principes

  • sortir de la dépendance aux énergies fossiles et au nucléaire en moins de 20 ans (2017-2035). Les allemands sont en train de le faire, les Suisses l’ont voté et donc nous pouvons nous aussi le faire.
  • Une France 100% renouvelable en 2050. Dans l’Aude, nous avons des possibilités formidables, avec la mer, le soleil et le vent.
  • La réduction de la consommation d’énergie par la sobriété et une meilleure efficacité, notamment par la rénovation des bâtiments.

Bref consommer moins et consommer mieux.

Oui, mais l’emploi me direz vous ? Entre 100 et 200 000 personnes travaillent dans le nucléaire. Et le coût ?

Alors, j’ai plusieurs bonnes nouvelles. Aussi bien pour l’emploi que pour les finances publiques , la TE est une bonne affaire.

Du côté de l’emploi, l’ADEME a calculé que très vite, horizon 2023, on pourrait créer 700 000 emplois, dont 400 000 dans les énergies renouvelables et à l’horizon 2050 près d’un million. Dans quels secteurs ? les renouvelables donc, la rénovation des bâtiments etc…

Par ailleurs, nous prévoyons que le retrait progressif de l’activité nucléaire doit se faire en concertation avec les syndicats, et la mise en place d’une filière « démantèlement », qui comportera forcément un dispositif formation.

Entre parenthèses, sur ces questions, certain-e-s d’entre vous ont peut être vu le film RAS. Ce film montre comment les salariés du nucléaire, là depuis longtemps, formés et compétents, sont en train de se faire virer, pour être remplacés, par des moins ou pas formés, moins chers donc, mais incompétents… La gestion des centrales nucléaires est bradée !

Et du côté de la santé, il est prévu 200 milliards d’euros d’économisés. Ne pas oublier que 40 000 personnes par an meurent à cause de la pollution atmosphérique.

Comment faire ?

Tout d’abord, c’est une sortie progressive. Arrêter les centrales les unes après les autres, quand elles atteignent le seuil de 30 ans d’âge, qui est le moment où elles deviennent à risque. Et surtout ne pas en construire de nouvelles. C’est le scénario choisi le week-end dernier par la Suisse.

Et parallèlement, développer les recherches et les investissements dans les renouvelables. Alors dans ces domaines, beaucoup d’inventions, de progrès ont déjà été réalisés, mais il en reste beaucoup à trouver et mettre en œuvre. Dans ces domaines, tout va très vite, ou très lentement.

Par exemple, j’ai découvert le week-end dernier le principe de l’énergie thermique maritime, l’ETM. Qui connaît ? Et qui sait que le principe a été inventé par Jules Verne, dans son bouquin « vingt mille lieues sous les mers » ?

Bref, dans l’Aude, on peut continuer à développer les énergies marines, par exemple l’éolien flottant au large de Port La Nouvelle et Gruissan,  plus le solaire que plusieurs communes ont déjà installé.

Mais on peut encore faire d’autres choses. Une de nos caractéristiques à nous écolos, est que l’on pense dans le long terme, à vingt, trente cinquante ans… La plupart des découvertes et des réalisations qui vont se produire sur ces durées ne sont pour l’instant, ni prévisibles, ni imaginables.

Mais il existe des pistes… Et je vais en développer ici quelques unes, pas seulement pour nous faire rêver, mais pour bien montrer qu’il existe une vie sans le nucléaire et les énergies fossiles. Et qu’il est non seulement nécessaire, mais agréable de passer à autre chose…

Des spécialistes de la prospective ont dessiné le monde, la planète à l’horizon 20038, à travers notamment le regard de John Peter Overview, au nom prédestiné, ou un pseudo ?

Son scénario, dans le domaine des énergies, anticipe que le solaire photovoltaïque a fait diminuer son prix à tel point que l’exploitation des énergies fossiles est devenue de moins en moins rentable. Merci pour l’Arctique, car du coup, avec la diminution du prix de baril, on a renoncé à exploiter les gisements pétroliers tout autour de cette région. Et idem pour les schistes etc…

Autre avancée : un des problèmes avec les énergies renouvelables, c’est le stockage. Or, on a appris entre temps à stocker l’électricité dans des sels fondus ( ???)

Même dans le nucléaire, des progrès ont été réalisés, notamment en Asie (Chine et Inde). Les centrales en Inde fonctionneraient au thorium, dont les déchets sont dix à cent fois moins radiotoxiques que ceux du plutonium.

Dans le domaine des transports, là encore des progrès spectaculaires. D’abord on a réussi à développer la propulsion par hydrogène. 

Le développement de batteries au graphène ( ?)  permet aux voitures d’atteindre 5000 km d’autonomie et à terme de remplacer les moteurs à combustion par des moteurs électriques.

Mais alors, quand même, l’électricité, d’où vient-elle ? En ce qui concerne l’Europe, elle a atteint son indépendance énergétique, totalement en renouvelable, en s’associant à des pays actuellement hors de son champ, le Maghreb, la Norvège et des morceaux de Russie… L’idée est de construire un maillage, qui, outre la production intérieure de l’Europe actuelle, fait venir de l’électricité depuis les fermes solaires du Maghreb, les éoliennes off shore de la mer du Nord et les centrales géothermiques du Caucase. L’avantage en est que les conflits possibles avec ces pays, privés de leurs recettes issues des énergies fossiles sont désamorcés, par compensation avec d’autres possibilités de ressources.

De toute façon, la relocalisation des activités à proximité de leurs utilisateurs et la sobriété énergétique ont permis de réduire les besoins de circuler et plus globalement la demande d’énergies.

Ce scénario peut faire sourire. Mais il faut savoir que depuis quelques décennies, le taux de croissance de la consommation d’énergie diminue, contrairement à ce que l’on pense. Il est passé au pif de 1,8% de croissance par an, à 1,1%. OK d’accord, ça continue d’augmenter, mais la pente est décroissante. On a davantage d’appareils ménagers, mais ils sont moins énergivores. Le recul des industries lourdes, très consommatrices, contribue aussi à la tendance globale. La tertiarisation des activités elle aussi contribue à la diminution de la demande d’énergie. Avec deux bémols, certes. Les centres informatiques sont très gourmands, et la délocalisation des activités industrielles ne supprime pas la demande mais la déplace. Les véhicules automobiles aussi, malgré quelques écarts…, sont sur la même voie.

Marie-Laure ARRIPE et Jean CHANOIS2014_004 Narbonne